Ivan Simos : "Le Bâtiment en France est très en retard sur les autres industries."

Ivan, 26 ans, est conducteur de travaux chez Bouygues Bâtiment IDF - Habitat Social. L'aspect humain et la passion d'un apprentissage continu sur de multiples aspects ont déterminé ses choix professionnels. Rencontre.

Sequallia : Bonjour Ivan ! Qu'est-ce qui t'a amené à choisir la conduite de travaux après ton diplôme ?


Ivan : J'ai choisi ce secteur pour trois raisons.

D'abord, l'aspect humain du métier. Un conducteur de travaux c'est beaucoup de management et être en relation avec des personnes de tous les horizons clients, bureaux d'études, compagnons, architectes... Il faut en permanence adapter son discours à l'interlocuteur, savoir être exigeant mais aussi être à l'écoute. Trouver et apporter en permanence des réponses en s'appuyant sur différents interlocuteurs.

Ensuite, l'aspect créatif et évolutif du métier. Rien n'est plus agréable que de partir d'un terrain vague et de livrer un immeuble près à accueillir des habitants. Chaque jour on voit l'ouvrage pour lequel on s'investit évoluer. Ce n'est pas juste un projet sur un papier sur lequel on s'investit, c'est concret. Enfin, en principe, un chantier dure 1 à 3 ans, on change donc régulièrement de projets, d'objectifs et de lieu de travail. C'est parfait pour ne pas tomber dans une routine et ne jamais s'ennuyer.


Il faut en permanence adapter son discours à l'interlocuteur, savoir être exigeant mais aussi être à l'écoute. Trouver et apporter en permanence des réponses en s'appuyant sur différents interlocuteurs.

Sequallia : Sur le chemin du travail le matin, quelles sont tes motivations ?


Ivan : Chaque jour je me lève, je sais que j'ai des sujets à régler, je sais que je ne vais pas m'ennuyer ni voir ma journée passer, et que mon projet va avancer. Par ailleurs, je sais aussi que je vais rejoindre une équipe aussi motivée que moi pour atteindre un objectif : livrer un ouvrage qui satisfasse nos clients notre architecte et les futurs habitants.


Dans le bâtiment chaque jour on apprend. Les techniques évoluent sans cesse et les connaissances sont vraiment diversifiées : thermiques, acoustiques, normes handicapés, esthétique architecturale, plomberie, électricité, gestion financière... On ne cesse jamais d'apprendre et les perspectives d'évolutions possibles sont extrêmement diverses.


Sequallia : Tu sembles très épanoui dans ce métier. As-tu toutefois rencontré des déceptions par rapport à ce à quoi tu t’attendais à la sortie de tes études ?


Ivan : Ma plus grande déception c'est que après une classe préparatoire et une école spécialisée dans le bâtiment, 90% des connaissances accumulées, les calculs, les formules ... servent très peu (voire jamais). Dans mon métier, on apprend sur le terrain et au contact des différents intervenants. La formation en France est très axée théorie. Cela apporte cependant une méthode de réflexion et une manière particulière d'aborder un sujet avant de le traiter.


Sequallia : Et dans le Bâtiment, des déceptions par rapport à tes attentes ?


Ivan : Non. J'ai parfois eu peur des responsabilités. Chez Bouygues, on fait rapidement confiance et confie rapidement des missions importantes. Cependant, l'investissement et le suivi de la hiérarchie au sein de mon entreprise fournit un appui solide permettant d'assumer les responsabilités.


Sequallia : Justement, par rapport à Bouygues, comment envisages-tu la suite de ton parcours professionnel ?


Ivan : J'attends de pouvoir évoluer. Principalement prendre plus de responsabilités, gérer des projets depuis la réalisation des fondations à la livraison du bâtiment en assumant le financier du projet. Mais surtout continuer à apprendre et transmettre mes connaissances aux jeunes embauchés.


Tout en évoluant, je veux continuer à apprendre et pouvoir transmettre à mon tour.

Sequallia : Ivan, sur quel(s) aspect(s), selon toi, se joue aujourd'hui l'avenir du Bâtiment en France ?


Ivan : Pour moi le bâtiment en France est très en retard sur les autres industries. Le bâtiment de demain c'est le BIM, le lean, le préfabriqué... Pour le moment on en parle beaucoup mais sur le terrain c'est beaucoup moins concret.


Il faut suivre l'exemple de l'industrie automobile américaine. Aujourd'hui, trop souvent la production est ralentie par le manque de synthèse, de matériels, d'organisation ou d'effectifs.


Ces méthodes permettent d'assurer : les bons effectifs au bon moment, l'acheminement des matériaux et matériels et une bonne synthèse. Ce qui permet de "faire bien du premier coup". ... Pour moi l'avenir du bâtiment c'est l'industrialisation d'un secteur qui aujourd'hui manque d'efficacité en terme d'optimisation des coûts, des délais et des moyens.


Le bâtiment de demain c'est le BIM, le lean, le préfabriqué. Il faut suivre l'exemple de l'industrie automobile américaine.

Sequallia : Par quoi on commence pour changer les choses alors ?


Ivan : Revoir l'organisation des projets pour passer sur des modes constructifs industriel. On a trop tendance à négliger le temps de préparation des projets. Aujourd'hui, je pense que préparer à l'avance l'ensemble des matériaux, des approvisionnements, des moyens quitte à rallonger le temps de préparation des projets permettrait d'optimiser le temps de réalisation et les coûts.


Sequallia : Pour finir, est-ce que tu as eu un mentor pour tes premiers pas dans le Bâtiment ? Qu'est-ce que tu pourrais nous dire sur lui aujourd'hui ?


Ivan : Mon premier patron m'a énormément apporté. C'était une personne extrêmement rigoureuse voire trop rigoureuse. J'en ai gardé une rigueur et une organisation nécessaire pour suivre un chantier. Il m'a appris la technique, transmis son savoir mais aussi les différents modes de communication à adapter suivant les interlocuteurs. Il m'a formé de manière à être armé pour assumer le suivi d'un chantier. Il m'a montré qu'un bâtiment qui se construit, ce n'est pas seulement des plans et des compagnons à suivre mais aussi des clients, des architectes, des partenaires et des sous-traitants à satisfaire tout en gardant un équilibre financier viable pour l'entreprise.


Il était toujours disponible et à l'écoute pour répondre aux différentes interrogations. Il prenait le temps. Il m'a rapidement fait confiance et responsabilisé, rien de mieux pour apprendre.


Il m'a rapidement fait confiance et responsabilisé, rien de mieux pour apprendre.

Sa rigueur faisait qu'il voulait toujours tout vérifier tout savoir. Et c'était sa force car sans jamais porter lui même l'ensemble des sujets, il savait très rapidement détecter les erreurs et poser les bonnes questions pour orienter vers la bonne solution.


Sequallia : Et en quelques mots, ta définition d'un bon mentor ?


Ivan : Une personne à l'écoute, qui fait confiance et qui souhaite transmettre ses connaissances.


Propos recueillis par Anne de Sequallia


Encore un grand merci à Ivan pour ce partage sincère et son ambition communicative.

Pour réagir, commenter, le contacter, échanger avec lui et avec l'équipe Sequallia, rendez-vous dans les commentaires sous cette publication LinkedIn Sequallia, ou directement via son profil Ivan Simos.

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